vendredi 14 mars 2008

Les SIH : facteur d’efficience pour les établissements de santé

L’implantation des systèmes d’information hospitaliers (SIH) dans les établissements de santé reste à l’heure actuelle une démarche complexe. Les freins à leur développement sont encore nombreux. Néanmoins avec la mise en place des réformes successives et des nouveaux enjeux, notamment en terme de facturation, les SIH représentent une valeur ajoutée dans l’atteinte des objectifs d’un établissement. Le plan Hôpital 2012 en a donc fait une priorité, dans l’objectif de leur impulser une nouvelle dynamique.

Depuis 2004, les établissements de santé sont confrontés à des évolutions majeures continues, notamment au niveau du financement et de leur activité. Leur mise en oeuvre, et les enjeux qui en découlent, impliquent pour eux d'adapter en permanence leur organisation mais aussi leur système d'information (SI). Si elle constitue une démarche complexe qui nécessite de prendre en compte de multiples facteurs, l'installation d'un SI performant reste cependant "un véritable facteur différenciant pour les établissements de santé, dans leur capacité à être rémunérés pour leurs activités et à disposer d'un pilotage efficient", indique une étude du Groupement pour la modernisation des SIH (GMSIH), présentée par Pascale Martin, chef de projet au GMSIH, lors de la formation organisée mercredi par Décision santé sur les SIH.

Priorité du plan Hôpital 2012

Le directeur de la Mission nationale d'appui à l'investissement hospitalier (MAINH), Vincent Le Taillandier, a indiqué lors de cette formation qu'Hôpital 2012 serait une opportunité pour les systèmes d'information, estimant que les établissements de santé se trouvent actuellement dans "un moment favorable pour expérimenter et enclencher une spirale de progrès". Les SIH constituent donc la priorité de ce plan, émanant d'une volonté partagée par les pouvoirs publics et les professionnels, souligne Vincent Le Taillandier. Un objectif de 1,5 milliard d'euros a donc été fixé. Les SIH devraient suivre une montée en charge progressive et bénéficier d'un accompagnement méthodologique important, comme les référentiels et les guides du GMSIH, de la MAINH ou encore de la mission nationale d'expertise et d'audit hospitaliers (MEAH), aidés d'une instruction régionale et d'une validation nationale structurées. Les questions clés concerneront le périmètre des SIH et l'informatisation du processus de soins, l'analyse de la valeur et du retour sur investissement mais aussi la conduite du projet. Ainsi, l'externalisation et la mutualisation font partie des démarches à mettre en oeuvre.

Mutualisation des SIH

Dans les établissements privés, la mutualisation est un facteur de réussite et d'optimisation d'un SIH, estime Philippe Cruette, chargé de mission au pôle économique de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP). Car elle permet de déployer des solutions sur plusieurs établissements qui garantissent "une certaine pérennité" et de maximiser la rapidité de fonctionnement, tout en minimisant les ressources nécessaires. Néanmoins, Philippe Cruette rappelle que des préalables doivent exister pour en faire un dispositif efficient. Ainsi, même s'il est possible d'établir une mutualisation entre établissements public et/ou privé, il faut qu'ils aient déjà travaillé ou collaboré ensemble, qu'ils soient rapprochés géographiquement, ou que leurs SIH présentent "un tronc commun" et que les orientations stratégiques de ces systèmes soient convergentes, précise-t-il. De plus, un SIH mutualisé permet de réaliser une réduction des coûts, notamment au niveau de la mise en oeuvre.

Partir d'une démarche organisationnelle

Selon l'étude du GMSIH, pour "faire évoluer son organisation et son SIH, il est nécessaire de mettre en oeuvre une gestion de projet globale" qui implique l'ensemble des acteurs et évite ainsi de traiter chaque réforme de manière individuelle. Les établissements doivent donc engager une réflexion de fond sur leur organisation interne pour que le SIH ne soit pas un frein à la mise en oeuvre des évolutions réglementaires. Pour Hugues Dufey, directeur du GMSIH, la conduite d'un projet SI passe par une "véritable conduite du changement" et une description des processus existants pour mettre en lumière les améliorations possibles. Il souligne également la nécessité de définir, non seulement les objectifs, mais également le périmètre. Le choix d'une application se faisant alors en dernier, en fonction de l'organisation définie, rappelle-t-il.Même si la prise de conscience de l'importance et de l'efficience des SIH est réelle, leur application dépend beaucoup de l'établissement et de son héritage. Il est donc encore difficile d'établir une normalisation ou un programme qui couvre l'ensemble des domaines fonctionnels d'un établissement, seules des solutions isolées sont proposées. Le chemin vers un SIH performant pour tous les établissements de santé semble donc encore long à parcourir.
Article Issu de Hospimedia.fr écris par Géraldine Tribault Journaliste

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